de (Noms communs, m)
DE. <> préposition qui sert à marquer proprement : 1° Un rapport de départ, d’extraction, d’origine,etc.; 2° Un rapport depossession, de famille, de nombre, de matière, etc.; 3° Elle sert aussi à former lecomplément d’un grand nombre d’adjectifs, le complément indirect de beaucoupde verbes; 4° Elle tientlieu encore de diverses autres prépositions; 5° Elle est quelquefois simplement explétive et donnelieu à divers gallicismes. I° Dans le sens propre, '''De''' sert à marquer un Rapport dedépart, de séparation, d’extraction, de dérivation, d’origine, etc. : ''Il arrive de Londres. D’où vient-il?Se mouvoir de haut en bas, de bas en haut. Descendre de chenal. S’éloigner dequelqu’un. Ôtez-vous de là. S’écarter de la ligne droite. S’écarter de laroute. Partir d’un lieu. Aller d’une ville à une autre, de ville en ville.L’espace qui s’étend du fleuve à la montagne. Une chose transmise de père enfils, de génération en génération. Arracher un clou de la muraille. Les motsqu’on a retranchés de ce passage. L’huile qu’on extrait des olives. Le marbrequ’on tire d’une carrière. Que conclure, qu’inférer de cette réponse? Je l’aireçu de ses mains.'' : ''Regarder,considérer, etc., du haut d’une montagne, de près, de loin, d’en bas, etc.,''Diriger ses regards vers un objet du haut d’une montagne, d’un lieu qui estproche, qui est loin, etc. On dit dans un sens analogue : ''Parler de loin, de près. Écouter deloin, de près, etc.'' Il s’emploied’une façon particulière pour distinguer les noms propres désignant desfamilles nobles, ordinairement empruntés au lieu d’origine, à quelqueparticularité locale, à une terre, etc. : ''Henri de La Tour d’Auvergne. Madame de Maintenon. Monsieur deCaylus.'' Dans la plupart de ces dénominations, il y a ellipse d’un titre denoblesse. : ''Madame'' (lamarquise) : ''de Maintenon.Monsieur'' (le comte) : ''de Caylus.'' Il se prend quelquefois comme nom parallusion au sens qui précède. :''Mettre le'' de : ''devant son nom.''Cet emploi est familier. Il sertprincipalement à marquer la Relation d’une distance ou d’une durée quelconqueavec le lieu, avec l’époque où elle commence. : ''Paris est à trente lieues d’Orléans. Il était loin de moi,près de moi, auprès de moi, à deux pas de moi, à quelque distance de moi. Ilse vit à deux doigts de sa perte. Distant de... Voisin de... Proche de...Approcher, s’approcher de... De la tête aux pieds. Nous verrons bien deschoses d’ici à ce temps-là, d’ici là. D’aujourd’hui en huit. Du jeudi audimanche. Du matin au soir. De temps en temps. D’heure en heure. De moment enmoment.'' : ''Ils étaient de vingtà vingt-cinq,'' Leur nombre était entre vingt et vingt-cinq. : ''Je serai chez vous de cinq heures àsix,'' Je serai chez vous entre cinq et six heures. Il s’emploie également dans certaines locutions pour marquerune Relation qui est entre les personnes ou les choses. : ''Il y a une grande différence de l’un àl’autre, de cet homme à celui-là. Différer du tout au tout. Traiter depuissance à puissance, d’égal à égal, de pair à compagnon, de Turc à More,etc. De vous à moi cela ne peut souffrir aucune difficulté.'' Fam., : ''Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi,'' Ceci doit restersecret entre vous et moi. Il indiqueaussi le Rapport d’une portion ou fraction à la totalité, souvent avec l’idéeaccessoire de retranchement ou d’extraction (et toujours avec complémentdéterminé). : ''Le tiers, le quart,la moitié de la somme. Il perdit une partie de sa fortune,'' et, dans un sensanalogue, : ''la totalité de safortune. Une portion, une partie du territoire. Le reste du temps. Il faitpartie de cette assemblée. Donnez-lui un morceau de ce pain. Prenez quelquesgouttes de cette potion. Cela n’a rien diminué de sa gloire.'' : ''Quel est le plus habile de ces deuxhommes?'' ou (en considérant à part l’un de l’autre les termes comparés et enredoublant la préposition) : ''Quelest le plus habile, de cet homme-ci ou de celui-là? Il envoya dix hommes desa troupe. De deux choses l’une. De deux jours l’un. De tous les pays quej’ai parcourus, aucun ne m’a paru plus beau que la France.'' On doitrapprocher les locutions : ''Rien dutout, Point du tout, Pas du tout,'' Pas la moindre chose prise sur letout. Il a très souvent le senspartitif de Quantité vague, nombre indéterminé. : ''Prendre de la nourriture. Manger de la viande, de bonneviande. Boire du vin, de bon vin, du vin vieux. J’ai de bon tabac. De l’eaubonne à boire. Des soldats braves. De braves soldats. Ce sont de bonnes gens.C’étaient de jeunes et jolies femmes. C’étaient de jeunes fous. Dire debonnes plaisanteries. Dire de bons mots. Prendre des oiseaux. Donner del’argent. Je veux du bon, du beau, du neuf, du solide, etc. Il y a des hommesainsi faits. Il est des moments où... Si j’ai de l’argent, ce n’est pas pourl’aventurer follement.'' Le pluriel :''Des'' a quelquefois le sens de Plusieurs. : ''Il a été des années sans le voir. On y voit des milliersd’arbres.'' Dans les phrasesnégatives, '''De''' partitif équivaut à peu près aux mots NUL, AUCUN, maisalors le nom qui le suit est sans article. : ''Je n’ai de volonté que la tienne. Je ne connais pas d’homme plusimportun. Parler sans faire de fautes. Il n’a point tué d’ennemis. Ne pouvoirsouffrir de rival, de rivaux. N’avez-vous point d’enfants? N’avoir plusd’amis, de bien.'' Quelquefois laphrase a un tour négatif et un sens positif. Dans ce cas, le nom qui suit'''De''' doit toujours être précédé de l’article. : ''N’avez-vous pas de la santé, de la fortune, des amis? quevous faut-il de plus? Il ne peut parler sans faire des fautes.'' Il sert également dans certaineslocutions à marquer Conformité. :''Je suis de votre avis. Cela n’est pas de mon goût. Les cérémonies d’usage.Ce mot n’est d’usage que dans telle phrase. Cela n’est plus de mode. Celan’est pas de la bienséance. Cela n’est pas de jeu. Je sais ce qui est de mondevoir. Comme de raison. Comme de juste. De l’aveu de tout le monde. C’est demon consentement qu’il a fait cela. Il est de fait que...'' On dit à peu prèsde même : ''Cela est de rigueur. Êtrede mise, etc.'' : ''De par leroi.'' Formule qui signifiait Au nom du roi et qui se mettait au commencementde divers actes publics portant sommation, injonction, etc. On mettait aussi,en tête des jugements qui autorisaient la saisie ou la vente des biensmeubles et immeubles, : ''De par leroi, la loi et justice.'' II° '''De''' sert à marquer Appartenance, dépendance. 1° Avec un complément déterminé,c’est- à-dire qui indique d’une manière précise telle personne ou tellechose. : ''Le livre de Pierre. Lamaison de mon frère. La patrie, le nom, la condition, la profession d’unepersonne. La miséricorde de Dieu. Les actions de quelqu’un. Le siècle deLouis XIV. Le roi de France. Les habitants de Paris. Les arbres des forêts.Les soldats d’une compagnie. Les animaux de telle classe. Un homme du peuple.Les gens de sa profession. Les hommes de l’art. La qualité, la nature,l’essence, la matière d’une chose. La force du lion. La beauté d’une femme.Les charmes de la vertu. Le sujet d’un discours. Le sens d’un mot. La largeurd’un fleuve. La couleur d’une étoffe. La dureté du fer. Le bruit du canon. Lalumière du soleil. L’importance d’une affaire. L’agrément d’un séjour.'' : ''C’est là le propre, le fait d’unignorant.'' Elliptiquement, : ''Celan’est pas d’un honnête homme,'' Cela n’est pas le propre ou l’action d’unhonnête homme. 2° Avec uncomplément indéterminé, c’est- à-dire qui n’indique la personne ou la choseque d’une manière vague et générale : : ''Ménage'' : ''de garçon.Bien de famille. La qualité d’ambassadeur. La profession d’avocat. Capriced’enfant. Nom d’homme. Nid d’aigle. Poisson de rivière. Eau de fontaine. Voixde femme. Tableau de genre. Pièce de canon, d’artillerie. Excès de chaleur.Couleur d’or.'' À cet emploi serapportent plusieurs locutions particulières, telles que : : ''Au lieu de. En vertu de. À titre, enqualité de. À l’égard de. À propos de. À cause de. En conséquence, par suitede. En présence de. À côté de. Au travers de, etc.'' Nous allons présenter séparément chacundes rapports divers qui ont plus ou moins d’analogie avec celuid’Appartenance, de dépendance. 1° Rapport d’une chose à celui qui l’a faite, produite,etc. : ''Les tragédies de Corneille.Les tableaux de Raphaël.'' 2° Rapport d’une personne ou d’une chose au lieu d’origine;d’une chose au lieu où elle a été faite, où elle s’est passée, etc. : ''Denys d’Halicarnasse. Le vent du nord,du sud. Du vin de Champagne. Un foulard des Indes. Le concile de Trente. Labataille d’Austerlitz.'' 3°Rapport au temps, à l’époque. : ''Lesinstitutions du moyen âge. Du vin de telle année. Les moeurs du temps. Leshommes d’à présent, d’aujourd’hui.'' 4° Rapport à la cause (presque toujours avec complémentindéterminé) : ''Pluie d’orage. Actede dévouement. Trait de courage. Mouvement d’impatience. Cri de douleur.Accès de fièvre. Larmes de plaisir. Tour de faveur.'' 5° Rapport à l’instrument(surtout avec complément indéterminé). : ''Coup de bâton. Coup de fusil. Trait de plume. Signe de tête.Serrement de main.'' 6°Rapport d’une personne à une autre, établi par les liens du sang, par quelquealliance, par les sentiments, le devoir, les conventions, etc. : ''Le père d’Alexandre. Le fils de monami. L’oncle, le cousin de ma femme. La femme, la veuve d’un tel. Leshéritiers du défunt. Les disciples de Socrate. Les amis, les ennemis d’unepersonne. L’aide de camp d’un général.'' 7° Rapport d’une chose à ce qu’elle concerne, à son objet, àsa fin, à son but. : ''Le Ministèrede la Justice. L’Administration des Postes. Une société d’assurance. Lecommerce des grains. La jouissance d’un bien. Le droit de chasse. La compositiond’un ouvrage. La nouvelle d’un événement. La défense d’un accusé, d’unedoctrine. Voeu de chasteté. Traité de paix. Acte de vente. Certificatd’origine. Le souvenir d’un événement. Inspirer à quelqu’un l’horreur duvice, la haine des méchants, le mépris des richesses, l’amour du vrai, dujuste, etc.'' On doit rapporter à cet emploi les locutions telles que : ''Le ministre de la Justice, ledirecteur des Postes, les assureurs d’un navire, le possesseur d’une chose,l’auteur d’un livre, d’un tableau, des rivaux de gloire,'' et leursanalogues. 8° Rapportparticulier au sujet traité, à la chose expliquée, enseignée, etc. : ''Le titre des successions. Dictionnairedes rimes. Cours d’histoire, de droit. Leçons de dessin, de danse, etc.'' Ondit en des sens analogues :''Professeur d’histoire. Maître de danse, etc.'' 9° Rapport à la destination habituelle ou momentanée(surtout avec complément indéterminé). : ''Salle de spectacle. Place d’armes. Cour de justice. Port de mer.Habit de cérémonie. Vêtement d’homme, de femme. Chien de chasse, d’arrêt.Pierre de touche. Valet de pied. Les hommes de garde, de service, de corvée,etc.'' On dit dans un sens analogue :''Être de garde, de service, etc.'' 10° Rapport à la profession (presque toujours avec complémentindéterminé). : ''Un homme decabinet, de lettres. Un homme de guerre, d’épée. Un homme de peine. Une femmede ménage.'' 11° Rapport àla condition (presque toujours avec complément indéterminé). : ''Un'' : ''homme de qualité, de condition. Un fils de famille. Un homme debasse extraction. Un homme de peu, de rien.'' 12° Rapport d’une personne ou d’une chose à ce qui lamodifie et la distingue, à sa qualité, à sa nature, etc. : ''Un homme de haute taille. Une personnede mauvaise mine. Un homme de génie, de courage, de bonne volonté. Un enfantd’un bon naturel. Une rivière de peu de largeur. Une chose de même grandeur,de la même grandeur qu’une autre. Affaire d’importance. Marchandises debonne, de mauvaise qualité. Remède d’un effet sûr. Étoffe de durée. Robe decouleur. Fruit de forme ronde. Poudre de senteur.'' 13° Rapport particulier d’une personne ou d’une choseà ce qui constitue sa dimension, sa valeur, sa durée, sa force, etc. : ''Un homme d’un mètre quatre-vingt-cinq.Une pièce de vingt francs. Une dot de cent mille francs. Une armée de centmille hommes. Une maison de cinq étages. Un vers de dix syllabes. Un enfantde six mois. Un froid de dix degrés.'' 14° Rapport du contenant au contenu. : ''Une bouteille de vin. Une tasse de café. Un panier defraises.'' 15° Rapport dela partie au tout, à l’ensemble. ù Avec complément déterminé : : ''La main d’une personne. Le derrière dela tête. Le bout du doigt. La lame d’une épée. Le pied d’une montagne. Lescolonnes d’un temple. Le commencement, la fin, le milieu, l’extrémité dequelque chose. ù'' Avec complément indéterminé : : ''Une lame d’épée. Une main de femme. Une branche d’arbre,etc.'' 16° Rapport d’unechose à ce dont elle est formée (toujours avec complément indéterminé). : ''Une goutte d’eau. Une prise de tabac.Un morceau de pain. Une pièce de terre. Une somme d’argent. Un escadron dehussards. Un couple de pigeons. Une classe d’animaux. Un recueil depoésies.'' Les expressions de quantité forment avec la préposition : ''De'' un grand nombre de locutions, quitoutes se rapportent à cet emploi. :''Beaucoup d’argent. Trop de richesses. Assez de pouvoir. Peu de bien. Plusde monde. Moins de ressources. Combien de soldats.'' 17° Rapport particulier d’unechose à la matière dont elle est faite. : ''Une porte de bois. Un pont de pierre. Une barre de fer. Unetabatière d’or. Une table de marbre. Un habit de drap. Un lit de plume. Uncollier de perles. C’est un homme de chair et d’os comme vous et moi.'' Ondit figurément : ''Un coeur de roche.Un bras de fer.'' '''De'''s’emploie, dans certaines locutions consacrées, pour exprimer l’Excellenced’une chose sur toutes les autres choses de même nature; en termes d’HistoireSacrée, : ''Le Saint des saints,'' Lelieu le plus saint du temple. : ''LeCantique des cantiques,'' Le cantique par excellence. : ''Vanité des vanités,'' La plus grandedes vanités. Dans le style élevé, :''L’Être des êtres,'' L’Être suprême, etc. On dit, dans un sensanalogue, : ''Le fin du fin.'' Il sert quelquefois à déterminer lesnoms qui désignent une Personne considérée par rapport à une certainequalité. : ''Possesseur de fait.Héritier de droit. Il n’était roi que de nom. Anglais d’origine. Français decoeur. Il est chirurgien de profession, de sa profession.'' On dit à peu prèsde même : ''Possession, gouvernement,puissance de fait.'' Il se metencore, dans le discours familier, après un nom, ou après un adjectif quipeut être employé comme nom, pour joindre ces mots avec le nom de la personneou de la chose qu’ils qualifient. :''Ce diable d’homme. Quel chien de métier! Un fripon d’enfant. Un drôle decorps. Une drôle d’affaire.'' III° '''De''' précède également le mot ou les mots qui serventà déterminer, à préciser la signification d’un adjectif. : ''Plein d’eau. Vide de sens. Bien faitde sa personne. Doux et humble de coeur. Perclus de tous ses membres. Largede'' : ''six mètres. Âgé de trenteans. Digne d’envie, d’estime, de louange. Sûr de son fait. Responsable dequelque chose. Avide de gain. Jaloux des succès d’autrui.'' Après un verbe, il introduit souvent lenom qui indique la Matière, l’instrument, le moyen, l’objet indirect del’action, la cause, etc. : ''Il afait de ce bloc une statue admirable. Il veut faire de son fils un avocat.Faire de nécessité vertu. Déjeuner d’un pâté. Frapper du pied la terre, leplancher. Se servir d’un couteau. S’armer de résolution. User d’adresse.Payer de ses deniers. Payer de sa personne. Envelopper de paille. Frotterd’huile. Charger de marchandises une voiture, un bateau. Dépouiller quelqu’unde ses habits. Combler de pierres un fossé, un puits. Élever de plusieurspieds une digue, une muraille. Accabler de coups, de reproches. Pourvoir deschoses nécessaires. Priver quelqu’un de ses biens, de la vue. Accuser d’uncrime. Enflammer de courroux. Ravir de joie. Toucher de compassion. Souffrirde la goutte. Souffrir des yeux, de la poitrine. Mourir de faim. Trembler depeur.'' Il sert quelquefois âintroduire l’attribut du complément d’objet d’un verbe transitif. : ''Traiter quelqu’un de lâche, lequalifier de traître; se qualifier de prince, etc.,'' Appeler quelqu’untraître, lâche; prendre le titre de prince, etc. On dit de même : ''Taxer de folie, de sottise,etc.'' Souvent '''De''' est suivid’un infinitif, lorsqu’il sert, comme dans les divers exemples qui précèdent,à déterminer les mots qui expriment une action, une qualité. : ''On l’accusa d’avoir conspiré. Je vouscharge de lui écrire. Faites-leur signe d’approcher. S’efforcer de marcher.Il s’excusa d’y aller. Se repentir d’avoir trop parlé. Désespérer de réussir.S’ennuyer de lire.'' Il se place demême entre certains verbes transitifs et l’infinitif qui indique l’objetdirect de l’action. : ''On luiconseilla de partir. Négliger d’écrire. Se proposer de faire une chose.Dites-lui de venir. Avant que l’orateur eût commencé de parler. Il ne laissapas de le faire. Il mérite d’être admis.'' Plusieurs verbes, tels que :''Commencer, continuer, etc.,'' se construisent, devant l’infinitif, tantôtavec la préposition : ''De,'' tantôtavec la préposition : ''À.'' Il concourt pareillement, avecl’expression qu’on lui donne pour complément, à indiquer la Manière dont uneaction se fait, s’exécute, et quelquefois pour exprimer un état. : ''Faire entrer quelqu’un de force.Frapper d’estoc et de taille. Jouer de bonheur, de malheur. Boire d’un seultrait. Franchir d’un saut, d’un bond. Être de travers. Regarder de côté.Parler d’abondance. Répondre de vive voix. D’une voix unanime. Peut-on secomporter de la sorte? Je m’y prendrai de telle manière. De façon ou d’autre.Tous deux étaient d’intelligence. Ils ont agi de concert. Agir de soi-même,de son chef, de son propre mouvement. Aimer de tout son coeur. Cela va desoi. Posséder de fait. Succéder de droit, de plein droit.'' IV° '''De''' a quelquefois pourcomplément le mot qui désigne la Personne ou la Chose d’où part l’actionqu’éprouve une autre personne, une autre chose; et alors il équivaut à lapréposition PAR. : ''Se faire suivrede ses gens. Ce mot est quelquefois précédé de tel autre. Il voulait n’êtrevu de personne. Je ne suis pas connu de vous. Se faire aimer, se faire bienvenir, se faire haïr de quelqu’un. Il est respecté de tous.'' Il s’emploie aussi après beaucoup deverbes, ou de locutions qui en tiennent lieu, dans le sens des mots Sur,touchant, concernant, relativement à. : ''Je l’informerai de votre arrivée. Ce mot se dit de telle chose.Que pensez-vous de cela? Médire de quelqu’un. S’ingérer, se mêler desaffaires d’autrui. Parler d’une affaire. Trafiquer, faire trafic de quelquechose. Décider du sort de quelqu’un. Traiter de la paix. Il ne s’agit point,il n’est point question de cela.'' : ''Répondre de quelqu’un. Désespérer de sa guérison. Se méfier dequelqu’un. Féliciter quelqu’un d’un succès. Se repentir d’une faute. Seplaindre de quelqu’un. Faire justice d’un traître. Différer d’avis. Justifierde sa qualité. Rendre compte de sa gestion. Demander réparation d’une injure.Faire fi de quelque chose. Cela fait foi de ce que j’ai avancé. Il en sera decela comme du reste. Pour ce qui est de lui. C’est fait de nous. Il y va dema vie. Ce chapitre traite de telle matière. La peste soit du maladroit!etc.'' Souvent, dans les titres d’ouvrages, de chapitres, etc., tout ce quiprécède la préposition est sous-entendu; ainsi on dit simplement : ''De la chasse, Du théâtre, etc.'' pourdire : ''Ouvrage, chapitre, articlequi traite, où il est parlé de la chasse, du théâtre, etc.'' Fam., : ''On dirait d’un fou, etc.'' Voyez DIRE . Devant le mot :''Côté'' désignant un lieu, un endroit ou une face de quelque objet, : ''De'' reçoit plus fréquemment unevaleur analogue à celle de Vers, dans, à, sur. : ''Mettez-vous de ce côté-ci, vous verrez mieux. Il est allédu côté d’Orléans. Voulez-vous que nous passions de l’autre côté? Regardezbien de ce côté. Cette robe est plus longue de ce côté que de l’autre.'' Onen rapproche les locutions suivantes : : ''De côté et d’autre. D’un côté... de l’autre'' ou : ''d’un autre. D’une part... d’autrepart. D’une et d’autre part. De mon côté,'' Pour ce qui me regarde. : ''Se ranger, se mettre du parti dequelqu’un,'' Embrasser son parti. '''De''' entre aussi dans plusieurs locutions adverbiales, ou autres,qui indiquent une Certaine époque ou une certaine durée. : ''Nous partîmes de nuit, de jour. Jesortis de bonne heure. De grand matin. De présent'' (en termes deProcédure). : ''Du vivant d’un tel.C’était bien autre chose de mon temps. De tout temps il en fut ainsi. Il neviendra pas d’aujourd’hui. Il ne m’a pas quitté de tout le jour. Je ne lereverrai pas de huit jours. De ma vie je n’ai vu pareille chose. De mémoired’homme.'' '''De''' sertquelquefois à unir le nom commun d’une chose avec le mot ou l’expression quila distingue de toutes les autres choses semblables. : ''La ville de Paris. Le fleuve du Rhône.Le mois de septembre. La comédie du " Misanthrope ". Le motde gueux est familier. Le cri de Vive le roi!'' Souvent, '''De''' précède un infinitif pour remplacer un modepersonnel au passé. L’action est exprimée ainsi avec plus de vivacité. C’estce qu’on appelle l’infinitif de narration ou l’infinitif historique. : ''Aussitôt les ennemis de s’enfuir et dejeter leurs armes. Il s’éloigna tout honteux, et nous de rire.'' Lorsqu’un infinitif est placé après leverbe dont il est le sujet, il est précédé régulièrement de la préposition : ''De.'' On dit : ''Mentir est honteux'' et : ''Il est honteux de mentir. C’est folie, c’est être fou qued’entreprendre cela. C’était peu pour lui d’avoir obtenu cet avantage. C’està vous qu’il appartient de l’interroger. Il est juste de le récompenser. Ilconvient d’agir promptement. Il importe de le savoir. Il suffira de vous direque... Il entre dans ses vues de leur laisser ignorer cela. À quoi sert-il dedissimuler?'' ou simplement : ''Quesert de dissimuler? L’essentiel, le principal, le plus sûr est d’agir ainsi,de faire telle chose.'' V°'''De''', précédant un adjectif, un participe passif, etc., est explétif etpeut ordinairement se résoudre par un pronom relatif suivi du verbe : ''Être. Il y eut mille hommes de'' (quifurent) : ''tués. Il y a dans cequ’il dit quelque chose de'' (qui est) : ''vrai. Y a-t-il quelqu’un d’assez'' (qui soit assez) : ''ignorant pour... Je ne vois rien làde'' (qui soit) : ''bien étonnant.A-t-on jamais entendu rien de'' (qui soit) : ''pareil? Sa conduite n’a rien de'' (qui soit) : ''noble. Rien de'' (qui soit) : ''plus simple que cela. Je ne vois rienlà de'' (qui soit) : ''mieux. Sinon,rien de fait'' (qui soit fait, arrêté, conclu). Pour toutes les autres locutions, telles que : ''D’avance, d’abord, d’ailleurs, dumoins, de'' : ''suite, du reste, deplus belle, de nouveau, d’ordinaire, de grâce, de retour, etc.,'' voyez lesdifférents articles des mots qui accompagnent la préposition.
deleatur
de
decrescendo
dedans
degré
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